RANDONNEE : Définition du dictionnaire Littré

Prononciation : ran-do-née

Nature : s. f.

Terme de chasse. Tour, circuit fait sur un même lieu par une bête qu'on a lancée.

Familièrement. Faire une grande randonnée, marcher longtemps sans s'arrêter (locution vieillie).

ÉTYMOLOGIE

L'ancien verbe randoner, courir rapidement, qu'on entend encore dire à Paris, et qui vient de randon, vivacité, violence. Diez tire randon de l'allemand Rand, bord, extrémité ; d'où, en provençal, randa, le bout d'une chose, et a randa, près du bord, extrême, pressant. De là vient le reste des significations. Cependant Scheler demande si randon ne viendrait pas plutôt de rade, rapide, avec l'addition d'une nasale ; le fait est que l'ancien français a randir, aller de roideur, conservé dans le picard randir.

Citations

Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l'un avance, l'autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche ! (Raymond Devos)

Si tu n’arrives pas à penser, marche ; si tu penses trop, marche ; si tu penses mal, marche encore. (Jean Giono)

La meilleure façon de marcher,

c'est encore la notre,

c'est d'mettre un pied devant l'autre,

et d'recommencer.

La marche est le meilleur remède pour l'homme (Hippocrate)

La connaissance du chemin ne peut pas se substituer au fait de mettre un pied devant l’autre. (Mary Caroline Richards)

Moi, la marche à pied, ça me fera toujours marrer. Du moins, jusqu’au jour où on m’expliquera clairement à quoi d’autre elle peut-être, la marche. (Le chat, Philippe Geluck)

La marche n'est pas une simple thérapeutique mais une activité poétique qui peut guérir le monde de ses mots. (Bruce Chatwin)

La marche ramène le regard à une juste dimension, apprend à gouverner le temps. Le marcheur est un roi. Un roi qui souffre d’être à contrecourant mais qui a choisi, pour aller mieux, les grands espaces plutôt que le divan des rebouteux. (Bernard Ollivier)

Pour la marche, le plus beau chapeau du monde ne vaut pas une bonne paire de chaussures. (Pierre Dac)

 

Il n'y pas de racines à nos pieds, ceux-ci sont faits pour se mouvoir. (David Le Breton)

 

Depuis que règne la voiture, la notion de distance s'est pervertie et ne s'exprime plus qu'en terme de kilomètres-heures. Le marcheur doit savoir décoder des expressions comme "pas loin", "à coté" ou "à dix minutes". C'est une appréciation d'automobiliste. "Dix minutes", une fois analysé, est traduit par dix à douze kilomètres, soit deux heures de marche. (Bernard Ollivier)

 

L'arrêt, l'immobilité retrouvée, la tension physique de l'effort soudainement relâchée, c'est une sensation merveilleuse, celle de l'arc débandé. Il vaut la peine de marcher, et de marcher dur, rien que pour le plaisir de pouvoir s'arrêter. Et la joie du départ n'est-elle pas faite déjà, largement, de celle de l'arrivée, savourée d'avance jusque dans les cruautés que l'absence implique? (Théodore Monod)

 

Éloignez-vous à un jet de pierre sur la droite ou sur la gauche de cette route bien entretenue sur laquelle nous marchons, et aussitôt l'univers prend un air farouche, étrange... (R. Kipling)

 

Quand l’homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue, qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait du surréalisme sans le savoir. (Guillaume Apollinaire, Les Mamelles de Tirésias)

 

Marcher, c'est prendre le temps de vivre, de regarder, d’ouvrir ses sens à la diversité et de sentir les minutes et les heures glisser sur la peau. Quand le corps accepte sa peine, respiration et mouvement s’allient, libérant ainsi la pensée qui toute entière s’enveloppe du présent. (Julie Baudin et David Ducoin, Zanskar intime)

 

Seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose. (Nietzsche, Crépuscule des idoles)

 

"Le plus long de tous les voyages commence par un tout petit pas".

"L’Homme petit respire par la gorge, le grand homme respire par ses talons"

Préceptes chinois

 

"On peut toujours marcher avec des cailloux dans ses chaussures, mais on avance quand même mieux si l'on prend le temps de les retirer... " (Docteur Jean Claude Oualid)

 

Marcher, c'est retrouver son instinct primitif, sa place et sa vraie position, son équilibre mental et physique. C'est aller avec soi, sans autre recours que ses jambes et sa tête. Sans autre moteur que celui du coeur, celui du moral. (Jacques Lanzmann)

 

Il vaut mieux marcher sur une tortue réveillée que sur un patin à roulettes endormi. (François Cavanna )

Chuck Norris ne marche pas, c'est la terre qui défile sous ses pieds (les aphorismes de Chuck Norris)

Un homme qui ne marche pas ne laisse pas de traces. (Georges Wolinski)

La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique. Cette façon de poser régulièrement un pied devant l’autre tout en ramant au même rythme avec ses bras, la fréquence accrue de la respiration, la légère stimulation du pouls, les activités oculaires et auriculaires indispensables pour déterminer sa direction et préserver son équilibre, la sensation de l’air qui vous frôle l’épiderme : autant de phénomènes qui, d’une manière tout à fait irrésistible, rameutent et rattachent le corps à l’esprit, et font que l’âme, si étiolée et estropiée qu’elle soit, prend de l’ampleur et grandit. (Patrick Süskind)

Prendre son temps, est une subversion du quotidien. Anachronique dans un monde privilégiant la vitesse, la marche est un acte de résistance célébrant la lenteur, la disponibilité, le silence, la curiosité, l'inutile autant de valeurs opposées aux sensibilités néolibérales qui conditionnent nos vies. Le marcheur est celui qui prend son temps et ne laisse pas le temps le prendre. (David Le Breton)

La lenteur de la marche, sa régularité, cela allonge considérablement la journée. Et en ne faisant que mettre un pied devant l'autre, vous verrez que vous aurez étiré démesurément les heures. De sorte qu'on vit plus longtemps en marchant, au sens où dans la marche, le temps ralentit, il prend une respiration plus ample. (Frédéric Gros)

Quand je fais trente kilomètres par jour, à pied, je calcule mon temps en années ; quand j'en fais trois mille en avion, je calcule ma vie en heures. (Régis Debray)

Si l'activité pédestre, érigée en sport par les adeptes de la randonnée, ne sauve pas le monde d'une apocalypse annoncée bien avant l'apparition des progrès technologiques, elle aura eu du moins le mérite de redonner du travail aux cordonniers. (Philippe Bouvard)

 

La marche est inutile comme toutes les activités essentielles. (David Le Breton)

 

Anachronique dans le monde contemporain,qui privilégie la vitesse, l'utilité, le rendement, l'efficacité, la marche est un acte de résistance privilégiant la lenteur, la disponibilité, la conversation, le silence, la curiosité, l'amitié, ... (David Le Breton)

Chemin : bande de terre sur laquelle on marche à pied. La route se distingue du chemin non seulement parce qu'on la parcourt en voiture, mais en ce qu'elle est une simple ligne reliant un point à un autre. La route n'a par elle-même aucun sens ; seuls en ont un les deux points qu'elle relie. Le chemin est un hommage à l'espace. Chaque tronçon du chemin est en lui-même doté d'un sens et nous invite à la halte. La route est une triomphale dévalorisation de l'espace, qui aujourd'hui n'est plus rien d'autre qu'une entrave aux mouvements de l'homme, une perte de temps. (Milan Kundera)

 

La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique. (Patrick Süskind )

 

Habiter le monde, non l'occuper, le coloniser ou le maîtriser, tel est le voeu intime du marcheur. (Christophe Lamoure)

 

La dernière marche d'un escalier qu'on gravit est toujours un peu plus haute que les autres. (Paul Masson)

 

On devient stoïque à force de larmes, et bon marcheur à force d'ampoules. (Anne Barratin)

 

Le Vieux sage a dit :

"L'homme jeune marche plus vite que l'ancien.

 Mais l'ancien connait la route".

 

Un voyage de mille lieues commence toujours par le premier pas. (Lao Tseu)

Le but du voyage n'est pas de poser le pied sur une terre étrangère. C'est finalement de poser le pied dans son propre pays comme s'il s'agissait d'une terre étrangère. (Gilbert Keith Chesterton)

Lors d’une longue randonnée, certains courent rapidement. D’autres marchent tranquillement. D’autres encore rampent péniblement. Mais un jour ou l’autre tous arriveront au bout du sentier. Proverbe chinois

Le randonneur (voyageur) demande le beau temps, le paysan demande la pluie, et les dieux hésitent. Lao-Tseu

-          L’homme qui avance lentement mais sûrement, peut profiter de chaque instant.

-          Ce n'est pas le but de la promenade qui est important mais les petits pas qui y mènent.